Mission to Spain: Public TV in Danger

TVE Staff make a sit-in in front of the chef offices

(04.12.2014) English / Français en dessous – Freedom of expression must gain ground in Spain. This is the overall conclusion drawn by the International mission which is about to end in Madrid.

For the first time, a consortium formed by the International Press Institute (IPI), Access Info Europe, the European Federation of Journalists (EFJ), Reporters Without Borders (RSF), the World Association of Newspaper Publishers (WAN-IFRA ), the Committee to Protect Journalists (CPJ) and the Open Society Foundations (OSF) conducted a four-day mission, from 1 to 4 December, in Madrid and Barcelona, to evaluate the state of freedom of expression in Spain.

Participants highlighted many challenges, including the need for increased independence in public television and joint mobilisation of media workers and civil society for freedom of expression.

The mission has joined the launch of the Platform for Freedom of Information (Plataforma en Defensa de la Libertad de Información) on Wednesday in Madrid, which brings together some twenty organisations, including the Spanish Federation of Journalists Unions (FeSP), member of the EFJ, but also representatives of consumers, lawyers and prosecutors. This new structure intends to reveal all violations of freedom of expression and to denounce them publicly.

The mission also had the opportunity to measure the extent of social unrest within national and regional public television. Last Friday, dozens of journalists from the public television channel TVE gathered for an improvised sit-in in front of the office of the new Chief Information Officer Jose Antonio Alvarez Gundin, coming from the right-wing newspaper La Razon, to protest against reshuffling the staff of the TV news, which he had just announced.

The union CCOO, another affiliate of the EFJ, see behind these replacements “a clear intention to exercise more control and to manipulate the information” as the union denounced the “seizure of the TVE.” For CCOO, the appointment of José Antonio Alvarez Gundin was imposed by the Popular Party (PP), in power in Spain since December 2011. Only 3% of channel journalists expressed their confidence in Jose Antonio Alvarez Gundin during a vote.

The mission also met the TVE Information Council, elected by the journalists of the channel, which highlighted the unstable and insufficient funding of the Spanish public television, as well as the manipulation of information and the constant pressure from the government.

“The EFJ, which recently participated in a study day organized by CCOO on the future of public television in Spain, supports the actions of the TVE staff members against the pressures they are daily facing, stresses Ricardo Gutierrez, EFJ General Secretary. We know that respected journalists are marginalised from the TVE newsroom, and this is not acceptable. “

In mid-November, the Spanish Federation of Journalists (FAPE), also EFJ affiliate, expressed its “support to all journalists of public service media (…) facing constant attacks from the public authorities who control the media.

Paco Audije, who participated in the mission on behalf of the EFJ, agrees: “In Spain, successive governments and politicians still do not understand the need for a stable, independent and quality public service broadcasting, which means, in line with European standards. They do not understand the reaction of journalists and TVE workers who are only defending the balance and integrity of information.


Mission en Espagne : la télé publique en danger

La liberté d’expression doit gagner du terrain en Espagne. C’est le bilan global tiré par la mission internationale qui s’achève à Madrid, ce jeudi. Pour la première fois, un consortium formé par l’International Press Institute (IPI), Access Info Europe, la Fédération européenne des journalistes (FEJ), Reporters sans Frontières (RSF), l’Association mondiale des éditeurs de journaux (WAN-Ifra), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Open Society Foundations (OSF) a mené une mission de quatre jours, du 1er au 4 décembre, à Madrid et à Barcelone, afin d’évaluer l’état de la liberté d’expression en Espagne.

Les participants ont mis en évidence nombre de défis à relever, dont l’indépendance accrue de la télévision publique et la mobilisation conjointe des professionnels de l’information et de la société civile pour une société plus libre.

La mission a ainsi assisté, mercredi, à Madrid, au lancement de la Plateforme pour la liberté de l’information (Plataforma en Defensa de la Libertad de Información), qui réunit une vingtaine d’organisations dont la Fédération espagnole des syndicats de journalistes (FeSP), membre de la FEJ, mais aussi des représentants des consommateurs, des avocats, des magistrats… La nouvelle structure entend relever toutes les atteintes à la liberté d’expression et les dénoncer publiquement.

La mission a aussi eu l’opportunité de mesurer l’ampleur de la grogne sociale au sein des télévisions publiques nationale et régionales. Vendredi dernier, des dizaines de journalistes de la chaîne publique TVE se sont rassemblés pour un sit-in improvisé devant le bureau du nouveau chef de l’information, José Antonio Alvarez Gundin, fraîchement arrivé du journal de droite La Razon, pour protester contre le remaniement de l’équipe à la tête du Journal télévisé (JT) qu’il venait d’annoncer.

Le syndicat CCOO, membre de la FEJ, voit derrière ces remplacements “l’intention claire d’exercer un contrôle plus grand et de manipuler l’information” tandis qu’il dénonce la “prise en otage des JT de TVE”. Pour CCOO, la nomination de José Antonio Alvarez Gundin a été imposée par le Parti populaire (PP), au pouvoir en Espagne depuis décembre 2011. A l’occasion d’un vote organisé au sein de la rédaction de TVE, à peine 3% des journalistes de la chaîne avaient exprimé leur confiance à José Antonio Alvarez Gundin.

La mission a rencontré le Conseil de l’information de TVE, élu par les journalistes de la chaîne, qui a mis en évidence le financement instable et insuffisant de la télé publique espagnole, ainsi que la manipulation de l’information et les pressions constantes du gouvernement.

« La FEJ, qui participait récemment à une Journée d’études organisée par CCOO sur l’avenir de la télévision publique en Espagne, soutient les actions des membres du personnel de TVE contre les pressions qu’ils subissent quotidiennement, insiste Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la FEJ. Nous savons que des consœurs et confrères estimés, à la rédaction de TVE, font l’objet de mises au placard, ce qui est intolérable ».

Paco Audije, qui participait à la mission au nom du Comité directeur de la FEJ, acquiesce : « En Espagne, les gouvernements successifs et la classe politique n’ont toujours pas compris la nécessité de disposer d’un service public audiovisuel stable, de qualité et indépendant, c’est-à-dire conforme aux standards européens. Ils ne comprennent pas la réaction des journalistes et des travailleurs de TVE qui ne font que défendre l’équilibre et l’intégrité de l’information ».

A la mi-novembre, la Fédération des associations de journalistes espagnols (FAPE), également membre de la FEJ, avait exprimé son “soutien le plus ferme à tous les journalistes des médias publics d’information (…) face aux attaques constantes des pouvoirs publics propriétaires de ces médias”.

 (Photo Credit: Teresa Rodriguez)

3 comments Show discussion Hide discussion

Add a comment