Macédoine (ARYM) : plus d’une centaine de journalistes mis sur écoute illégalement


Le gouvernement macédonien est accusé par le chef de l’opposition d’avoir illégalement mis sur écoute les téléphones de plus de 20.000 citoyens, dont plus de 100 journalistes.

La Fédération européenne des journalistes (FEJ) ainsi que ses membres macédoniens- le syndicat des journalistes macédoniens et travailleurs des médias (SSNM) et l’Association des journalistes de Macédoine (ZNM) – ont exprimé leur grave préoccupation au sujet de nouvelles allégations de surveillance de masse non autorisée de journalistes et des citoyens en Macédoine.

Zoran Zaev, chef du parti d’opposition Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM, centre-gauche), a publié aujourd’hui (25/02/2015) des informations détaillées sur les écoutes téléphoniques de plus de 100 journalistes macédoniens durant plus de trois ans.

“Cette violation de la vie privée affecte directement la liberté de presse en Macédoine et alimente un climat de peur et d’autocensure. Si les accusations sont confirmées, les autorités macédoniennes seront coupables d’avoir violés le droit des journalistes à protéger leurs sources”, a déclaré Mogens Blicher Bjerregård, Président de la FEJ.

“Nous avons à maintes reprises crié notre désarroi face aux agissements du gouvernement macédonien – en réalité d’un petit groupe de personnes au sein de ce même gouvernement – visant à contrôler le travail des journalistes et le contenu des médias. Nous savions que la situation était déplorable mais c’est horrible d’entendre les preuves de ces soupçons”, a déclaré Tamara Causidis, Présidente du SSNM.

“Le Premier ministre Nikola Gruevski, le ministre de l’Intérieur Gordana Jankulovska ainsi que le chef des services secrets Sasho Mijalkov doivent démissionner et peu importe qui a ordonné la mise sur écoute, ils sont responsables. Leur devoir était de prévenir une telle violation massive des droits et des libertés constitutionnels des citoyens. Leur démission devrait nous aider à éclaircir toute l’affaire “, a ajouté Naser Selmani, Président de ZNM.

La situation de liberté de la presse s’est gravement détériorée en Macédoine en raison de menaces croissantes et des cas de harcèlement visant toutes les voix critiques envers le gouvernement du Premier ministre Nikola Gruevski. En six années, la Macédoine a chuté de la 34e (2009) à la 117e (2015) dans l’indice mondiale de la liberté de presse publié par Reporters sans frontières. L’affaire très controversée du journaliste Kezarovski reste encore une grave préoccupation pour la FEJ et la FIJ.

(Crédit Photo: Reporters sans Frontières)