Procès Luxleaks: la FEJ et la FIJ soutiennent les inculpés


Le Comité de direction de la Fédération européenne des Journalistes (FEJ), réuni ce vendredi à Bruxelles, a tenu à marquer unanimement son soutien aux inculpés du procès en appel LuxLeaks, qui s’ouvre ce lundi 12 décembre au Luxembourg. Le secrétaire général de la FEJ, Ricardo Gutiérrez, ainsi que la secrétaire générale du Syndicat national des Journalistes (SNJ), Dominique Pradalié, qui siège également au Comité exécutif de la Fédération internationale des Journalistes (FIJ), seront présents, à l’ouverture de l’audience, lundi, à la cité judiciaire de Luxembourg.

Ce lundi 12 décembre s’ouvre au Luxembourg le procès en appel d’Antoine Deltour et Raphaël Halet, les deux lanceurs d’alerte du scandale LuxLeaks, et d’Edouard Perrin, le journaliste qui a révélé l’affaire. La FEJ et la FIJ ont répondu à l’appel lancé par le comité de soutien luxembourgeois et seront présentes au Luxembourg, avec plusieurs dizaines d’autres organisations venues de tous les pays d’Europe, pour soutenir les lanceurs d’alerte. Ricardo Gutiérrez et Dominique Pradalié y rendront public le courrier que la FEJ adresse officiellement au Président et aux Conseillers de la cour d’appel.

En 2014, les trois co-inculpés ont joué un rôle déterminant dans la publication d’informations sur les accords fiscaux secrets passés par les autorités fiscales luxembourgeoises avec plusieurs multinationales. Celles-ci ont ainsi pu réduire considérablement leur facture fiscale, parfois à des taux inférieurs à 1%. « Notre confrère Edouard Perrin et les deux lanceurs d’alerte ont incontestablement agi dans l’intérêt public. Ils n’auraient jamais dû être poursuivis et encore moins condamnés en première instance. Nous demandons leur acquittement pur et simple », commente Mogens Blicher Bjerregård, président de la FEJ.

« Le procès en appel qui va s’ouvrir est le procès des lanceurs d’alerte, et de la justice fiscale, du droit à l’information et de la liberté de presse. La condamnation, en juin dernier, des lanceurs d’alerte Antoine Deltour et de Raphaël Halet n’est pas acceptable, ni le retour sur le banc des accusés du journaliste Edouard Perrin, suite à l’appel général du parquet luxembourgeois », insiste le comité de soutien.

Dans un communiqué commun diffusé le 8 décembre, les affiliés français de la FEJ (SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes) appellent la profession à se mobiliser par tous les moyens lors de la tenue du procès en appel. « Les syndicats français appellent à la relaxe d’Edouard Perrin, d’Antoine Deltour et de Raphaël Halet qui n’ont fait ici que leur travail : celui d’informer et de dénoncer l’évasion fiscale ».

Le 29 juin, la FEJ avait salué l’acquittement du journaliste, mais avait dénoncé la décision de la justice luxembourgeoise de condamner les deux lanceurs d’alerte à 12 et 9 mois de prison avec sursis, ainsi que 1.500 et 1.000 euros d’amende, pour avoir divulgué des documents confidentiels appartenant au cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC).

La FEJ mène campagne, depuis juin 2016, pour une législation européenne protégeant les lanceurs d’alerte des poursuites pénales.

Agissez vous aussi! Signez la pétition lancée par la FEJ et ses partenaires (Eurocadres, Confédération européenne des Syndicats, Transparency International, Syndicat des Journalistes de Finlande, UNI Europa, ECPMF, Access-Info, Comisiones Obreras, NUJ, CFDT, CGT…) afin d’obtenir de la Commission européenne une directive protégeant les lanceurs d’alerte. Signez ici.

Crédit photo: Ricardo Gutiérrez / FEJ.