Procès LuxLeaks: FEJ et FIJ réclament l’acquittement des co-inculpés


Une délégation de la Fédération européenne des Journalistes (FEJ) et de la Fédération internationale des Journalistes (FIJ) a assisté ce lundi à l’ouverture du procès en appel de l’affaire LuxLeaks. Le journaliste français Edouard Perrin et les lanceurs d’alerte Antoine Deltour et Raphaël Halet comparaissent devant la cour d’appel du Luxembourg pour avoir révélé le scandale des privilèges fiscaux offerts aux multinationales au Grand-Duché du Luxembourg.

Sur le parvis de la Cité judiciaire, peu avant l’ouverture du procès, les membres du comité de soutien aux lanceurs d’alerte, des députés européens, des représentants d’associations et de syndicats de journalistes et des responsables d’ONG ont pris tour à tour la parole, pour demander l’acquittement des co-inculpés.

Secrétaire générale du Syndicat national français des journalistes (SNJ) et membre du Comité exécutif de la FIJ, Dominique Pradalié a rappelé les dispositions de la Charte d’éthique professionnelle des journalistes: “Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre”.

Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la FEJ, a fait part de son amertume…

“Nous sommes écœurés par l’acharnement de la Justice luxembourgeoise qui s’obstine à poursuivre des lanceurs d’alerte en dépit de la jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme. Jamais Antoine Deltour, Raphaël Halet et Edouard Perrin n’auraient dû être la cible de poursuites. Ils n’ont fait que leur devoir.”

“Nous sommes écœurés par le cynisme du gouvernement luxembourgeois. En avril, ce gouvernement signait la Recommandation du Conseil de l’Europe pour la protection du journalisme, s’engageant à initier les réformes législatives nécessaires pour garantir la protection des lanceurs d’alerte. Huit mois plus tard, le projet de loi reste dans le tiroir du ministre. Rien n’est fait pour protéger les lanceurs d’alerte. Au contraire, le gouvernement maintient un cadre légal qui criminalise ceux qui révèlent des manœuvres contraires à l’intérêt public”.

“Nous sommes écœurés par la politique des deux poids et deux mesures pratiquée par la Commission européenne. Il ne lui a fallu que quelques mois pour faire adopter une directive protégeant les secrets d’affaires, les intérêts du grand capital. Aujourd’hui, la Commission rechigne à protéger le droit des citoyens à être informés. Nous exigeons une directive européenne garantissant une protection légale des lanceurs d’alerte”.

“Nous espérons surtout qu’au terme de ce procès, nous aurons moins de raisons d’être écœurés que nous ne le sommes aujourd’hui”.

Roger Infalt, président de l’Association Luxembourgeoise des Journalistes (ALJ), organisation membre de la FIJ et de la FEJ, a également pris la parole pour témoigner de la solidarité des journalistes du Grand-Duché.

Crédit photo: Ricardo Gutiérrez / EFJ.