10e anniversaire de l’assassinat de Hrant Dink


A l’occasion du dixième anniversaire de l’assassinat du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, la FIJ, la FEJ et les organisations partenaires de la Plateforme du Conseil de l’Europe pour la Protection du Journalisme ont décidé de soumettre conjointement une nouvelle alerte sous la catégorie ‘impunité’ . Les organisations appellent les autorités turques à traduire en justice ceux qui ont failli dans leur mission de protection du journaliste.

Lire notre alerte ici:

« Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, journaliste turco-arménien et fondateur du journal Agos, a été abattu à 15h05 dans la rue devant son bureau à Istanbul. Le meurtrier, un nationaliste turc de 17 ans et certains de ses complices ont été appréhendés et emprisonnés, mais toutes les personnes impliquées dans ce crime n’ont pas fait l’objet d’une enquête. En 2010, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que les autorités turques n’ont pas protégé les droits à la vie et à la liberté d’expression de Hrant Dink. La Cour constitutionnelle de Turquie a statué que le rôle présumé des fonctionnaires et des institutions dans le meurtre du journaliste doit faire l’objet d’une enquête. Les fonctionnaires qui auraient manqué à leur devoir de protection envers le journaliste et préparé de faux rapports sont actuellement poursuivis devant le 14ème tribunal pénal d’Istanbul. »

Par ailleurs, à l’occasion d’une commémoration qui s’est tenue, jeudi matin, rue Hrant Dink, à Lyon (France), Jean-François Cullafroz, de la CFDT-Journalistes, a délivré un message de solidarité au nom de la FIJ et de la FEJ: « Depuis l’assassinat de Hrant, la situation en Turquie n’a pas arrêté de se dégrader et nos fédérations comme nos syndicats affiliés n’ont cessé de s’indigner auprès du gouvernement turc et des instances internationales pour que la presse retrouve sa liberté. (…) En France, les syndicats de journalistes CFDT, CGT et SNJ ont multiplié les démarches auprès de l’ambassade de Turquie et du ministère français des affaires étrangères. En particulier, depuis cet été, où le coup d’état manqué a conduit le président Erdogan à accroître les arrestations de militaires, universitaires, journalistes. (…) Aujourd’hui, la démocratie est en danger aux portes même de l’Europe, et cela est aussi notre responsabilité, à nous journalistes, responsables de médias, responsables politiques, d’ONG et d’associations et professionnelles et de syndicats de faire que la Turquie retrouve la voie de la démocratie et que la presse et les journalistes recouvrent leur pleine et entière liberté ».

Crédit photos: Bianet et J.-Fr. Cullafroz.