Journaliste, un métier en voie de précarisation


La FEJ et ETUI vous invitent à en débattre le 26 juin (de 10 h 30 à 12 h 00), au Press Club Brussels Europe, rue Froissart 95 à 1040 Bruxelles.

La crise que traversent les médias traditionnels semble interminable. Il n’y a pas que les comptes de résultat des groupes de presse qui font peine à voir. Les professionnels de l’information sont également durement touchés. Réalisé en collaboration avec la Fédération européenne des journalistes (FEJ), le dernier numéro de HesaMag, le magazine de l’Institut syndical européen (ETUI), dresse un bilan de santé des journalistes en Europe.

Il est plus qu’inquiétant. Un sondage mené fin 2016 par la FEJ auprès de ses organisations membres estime à seulement 34 sur une échelle de 100 le niveau de satisfaction professionnelle des journalistes. D’autres recherches récentes, menées dans plusieurs pays européens, renforcent cette impression de « grosse fatigue ». En France, une enquête auprès de plus d’un millier de journalistes a révélé que 65 % d’entre eux pensent que leur vie professionnelle exerce une influence négative sur leur santé.

Au cours des dix dernières années, rares sont les titres de la presse écrite qui ont échappé aux plans de restructuration. Les rédactions ont tendance à se vider. Parallèlement, la multiplication des supports digitaux requiert des journalistes plus polyvalents et plus « flexibles ». Ceux qui ont pu conserver leur emploi sont tenus de produire toujours plus, en moins de temps et avec moins de moyens.

Les contenus sont de plus en plus souvent fournis par une armée de pigistes invisibles, prêts à brader leur travail. En Europe, les freelances représentent désormais un tiers des affiliés des syndicats de journalistes. Isolés, mis en concurrence les uns avec les autres – et même parfois avec les contingents d’« informateurs » fournis par les réseaux sociaux −, ils sont prêts à tout pour se faire un nom. Malgré leur extrême précarité, ils sont peu enclins à se coaliser.

Cette précarisation des métiers de l’information a des conséquences au-delà du terrain social. Elle affecte la qualité de l’information, et donc le débat démocratique, à un moment où les moyens techniques dont disposent les propagateurs de contre-vérités n’ont jamais été aussi performants.

La FEJ et l’ETUI vous invitent à en débattre le 26 juin (de 10 h 30 à 12 h 00), au Press Club Brussels Europe, rue Froissart 95 à 1040 Bruxelles.

Intervenants :

  • Renate Schroeder, directrice de la FEJ
  • Antonis Repanas, journaliste, membre d’ESIEMTH, le syndicat des journalistes de Macédoine et Thrace (Grèce)
  • Florence Le Cam, ULB
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Modérateur : Willy De Backer, ETUI, responsable de la communication et des publications

Pour plus d’informations, veuillez contacter mehmet@europeanjournalists.org