Halte aux assassinats de journalistes au Mexique


Déjà 12 journalistes assassinés au Mexique, cette année. Soit trois fois plus qu’au début du mandat du président Enrique Peña Nieto, voici cinq ans. Et plus de deux fois plus qu’en Europe, où on a enregistré cinq meurtres de journalistes depuis le début de l’année.

C’est pour dénoncer ce sombre bilan mexicain qu’une délégation de la Fédération espagnole des associations de journalistes (FAPE) et des Fédérations internationale et européenne des Journalistes (FIJ et FEJ) ont longuement rencontré l’ambassadrice du Mexique en Espagne, Roberta Lajous Varga, le jeudi 23 novembre, à Madrid.

Dans la foulée de la récente campagne de la FIJ contre l’impunité et de la motion adoptée par l’Assemblée générale de la FEJ sur les assassinats de journalistes au Mexique, une délégation de la FAPE, de la FIJ et de la FEJ a tenu à manifester sa profonde préoccupation concernant la sécurité des journalistes au Mexique. Elsa Gonzalez, présidente de la FAPE, Ricardo Gutiérrez, Secrétaire général de la FEJ, et Paco Audije, membre du Comité exécutif de la FIJ ont appelé, avec d’autres, les autorités publiques mexicaines à mettre enfin un terme à l’impunité et à garantir une protection effective aux journalistes.

Au terme d’une heure et demi d’entretien, Roberta Lajous Varga s’est engagée à transmettre aux autorités diplomatiques mexicaines le message de la FAPE, de la FIJ et de la FEJ.

« Je ne suis pas du tout convaincu par les explications livrées par l’ambassadrice et par son équipe. Ils pointent tour à tour la responsabilité de l’insécurité qui règne dans certains Etats, de la réforme de la procédure pénale, des narco-trafiquants locaux et du prétendu manque de formation des agents publics chargés de la répression », commente Ricardo Gutiérrez. « Ce sont, à mes yeux, de faux prétextes! La plupart des confrères mexicains assassinés travaillaient sur des affaires de corruption. Le gouvernement mexicain devrait tout mettre en oeuvre pour faire la lumière sur ces affaires et assurer une protection efficace aux journalistes qui enquêtent sur ces dossiers ».

La FEJ et la FIJ apportent leur plein soutien à la FAPE et aux consoeurs et confrères qui luttent contre l’inacceptable spirale de violence visant les journalistes au Mexique.

Communiqué de la FAPE: ici.

Crédit photo: Nuria Navarrete.