Espagne: impunité pour les policiers qui avaient agressé des journalistes


Les Fédérations internationale et européenne des Journalistes (FIJ et FEJ) et leurs affiliés espagnols (FAPE, FeSP et FSC-CCOO) se joignent à la Plateforme pour la Liberté de l’Information (PDLI) pour dénoncer l’impunité judiciaire dont bénéficient les policiers qui avaient agressé trois journalistes qui couvraient une arrestation, au terme d’une manifestation antimonarchique, à Madrid, le 29 mars 2014.

Trois collaborateurs réguliers du quotidien en ligne eldiario.es, Gabriel Pecot, Mario Munera et Juan Ramón Robles, avaient été agressés par la police, alors qu’ils couvraient l’événement.

Les journalistes déposèrent une plainte qui fut classée sans suites. Suite à un recours contre ce classement, le parquet provincial avait estimé, le 24 mai 2017, qu’il n’existait pas d’indice démontrant que la police ait empêché l’exercice de la liberté d’informer par les journalistes présents.

Le tribunal d’instruction n°46 de Madrid a déclaré, ce 13 mars 2018, que le dossier était prescrit. Selon le tribunal, le seul policier identifié par la Justice a bel et bien porté des coups à deux journalistes, sur les bras et à la nuque, mais les faits sont désormais prescrits. Les avocats des journalistes accusent le parquet provincial d’avoir délibérément provoqué la prescription, en retardant l’analyse du dossier.

La FEJ et la FIJ y voient une violation grave de la liberté de la presse. Elles ont dénoncé les faits sur la Plateforme du Conseil de l’Europe pour la Protection du Journalisme et la Sécurité des Journalistes.

Crédit photo: Juan Ramón Robles.