La loi espagnole de sécurité citoyenne bâillonne la presse


La Fédération européenne des journalistes (FEJ) dénonce la loi de Sécurité citoyenne adoptée, ce jeudi, en Espagne, par le congrès des députés, sur proposition du Parti populaire (droite conservatrice au pouvoir). Cette législation liberticide permet notamment de sanctionner les journalistes qui prendraient des photographies ou enregistreraient des images des forces de l’ordre, dans l’exercice de leur fonction.

L’article 26 de la loi qualifie d’infraction grave “l’utilisation non autorisée d’images ou de données personnelles ou professionnelles d’autorités ou de membres des forces et corps de sécurité; images ou données qui pourraient mettre en danger la sécurité personnelle ou celle de leur famille”. Sanction prévue: une amende de 601 à 30.000 euros.

Pour la Plateforme de Défense de la Liberté de l’Information (PDLI), à laquelle adhère la Fédération espagnole des syndicats de journalistes (FESP), “le vote de cette loi est une des pires atteintes aux libertés fondamentales en Espagne depuis la fin de la dictature franquiste. Aucun fondement démocratique ne justifie telle attaque frontale contre les libertés de manifestation, d’information et d’expression”.

La FEJ entend dénoncer les effets de cette loi liberticide au Conseil de l’Europe, dans le cadre de la nouvelle plateforme en ligne de signalement des violations des droits des journalistes.

(Crédit photo: Txema Fernández Casado; cette image a été primée dans le cadre du prix Fotopres-85, voici 30 ans; aujourd’hui, cette même image, montrant un policier arme à la main, lors d’une manifestation à Bilbao, pourrait valoir une amende de 30.000 euros au photographe de presse espagnol)