Turquie : Nouvelle vague d’arrestations ciblant le journal Cumhuriyet


ACTUALISATION 05.11.2016 – Neuf journalistes et dirigeants du journal Cumhuriyet ont été placés en détention préventive ce matin, dans l’attente de leur jugement : Murat Sabuncu, Kadri Gürsel, Musa Kart, GürayÖz, Mustafa Kemal GüngörTurhan Günay, Hakan Kara, Önder Çelik and Bülent Utku.

Les Fédérations européenne et internationale (FEJ/FIJ) ont condamné le 31 octobre la nouvelle vague de répression menée par les autorités turques à l’encontre des médias, alors que le rédacteur en chef du journal Cumhuriyet, Murat Sabuncu, a été placé en détention provisoire tout comme 15 autres salariés. Ils sont accusés de connivence avec le mouvement Gülen (FETÖ) et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La police a fait une descente hier matin aux domiciles de plusieurs journalistes et a saisi des ordinateurs. Selon HurriyetTurhan Günay, Hikmet Çetinkaya, Aydın Engin, Güray Öz, Musa Kart, Bülent Utku, Mustafa Kemal Güngör, Önder Çelik, Bülent Yener, Eser Sevinç and Murat Sabuncu ont été arrêtés durant l’opération. La police cherchait également Akin Atalay, le président du directoireactuellement à l’étranger. Des mandats d’arrêt ont été délivrés contre 15 journalistes et dirigeants du journal.

Dimancher dernier, c’est le domicile de l’ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet Can Dündar qui a été perquisitionné par la police à Istanbul. Une notification de détention a été délivrée à l’encontre du journaliste, qui séjourne aujourd’hui en Allemagne.

Le secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjørn Jagland a déclaré dans un communiqué : “On peut se demander si la descente contre Cumhuriyet peut être justifiée comme une mesure appropriée, même dans un contexte d’état d’urgence. (…) Il faut bien faire la distinction entre actes violents ou terroristes et expression d’une opposition ou d’une critique vis-à-vis du gouvernment. La liberté d’expression est un des piliers fondamentaux pour une société démocratique”, a-t-il affirmé.

Cette vague d’arrestations fait suite à la fermeture par décret de 15 médias kurdes le 29 octobre. Le nombre d’organes de presse fermé depuis la promulgation de l’état d’urgence en Turquie s’élève à 168. Au moins 113 journalistes se trouvent derrière les barreaux. La Turquie est devenue la plus grande prison du monde pour journalistes.

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Crédit photo : AFP/OZAN KOSE