Terrorisme : l’Unesco publie un nouveau manuel pour les journalistes


L’UNESCO a dévoilé jeudi 2 février au Press Club Brussels Europe sa nouvelle publication intitulée « Les médias face au terrorisme : Manuel pour les journalistes » écrit par Jean-Paul Marthoz, journaliste belge et défenseur de la liberté de la presse et des droits de l’homme. Guy Berger, directeur de la division pour la liberté d’expression et le développement des médias à l’UNESCO, a présenté le manuel avec l’auteur.

Que faire lors d’une prise d’otage ? Les journalistes doivent-ils d’abord aider les victimes? Doivent-ils s’abstenir de donner certaines informations sur demande des autorités ? Pas question de dire aux journalistes ce qu’ils doivent faire, le manuel veut plutôt initier une réflexion : « Le but, c’est de tirer des leçons de la couverture qui a été faite, d’amener et de provoquer une conversation entre les journalistes », explique Jean-Paul Marthoz. Il recense ainsi de nombreux conseils, tente de répondre aux nouveaux défis éthiques et journalistiques auxquels les rédactions sont confrontées et soulèvent des questions fondamentales sur l’impact du traitement médiatique sur nos sociétés.

Le manuel se veut également très concrêt. Voici les cinq règles de base détaillées dans le chapitre trois :

  1. Respecter la dignité et les droits des victimes. Cela passe par le fait de demander leur consentement avant de les interviewer et les présenter avec humanité.
  2. Considérer les mots. La priorité doit être mise sur la description des actes plutôt que sur leur qualification. Evitez d’être uniquement le messager d’une interprétation.
  3. Utiliser les chiffres avec précaution. Assurez-vous de leur provenance, de la période concernée, de la source.
  4. Publier des images qui servent l’intérêt public. Le défi est principalement éthique et le choix dépendra des types de médias. Mais gardez à l’esprit au moins ces trois conseils : assurez-vous de ne pas véhiculer de propagande ; avertissez les téléspectateurs si une vidéo est potentiellement choquante ; régulez l’utilisation des images prises par des citoyens.
  5. Pister les rumeurs et maîtriser les discours de haine. Mettre en place une équipe de veille chargée de les traquer et les déconstruire.

“Nous saluons la publication de ce manuel, qui est un outil fantastic pour améliorer les compétences des journalistes sur cette question sensible qu’est le terrorisme », affirme Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la FEJ. “Dans un telle situation, le risque d’être instrumentalisé et le risque d’alimenter la haine est très élevé. Ce manuel, écrit par un journaliste dans l’intérêt des journalistes, encourage la réflexion dans les rédactions. Cette réflexion est plus nécessaire que jamais. »

Le manuel est maintenant disponible en ligne en français et en anglais.

Crédit photo : Ricardo Gutiérrez / FEJ.