L’aide des ministres belges sollicitée pour libérer le journaliste français Loup Bureau


La Fédération européenne des journalistes (EFJ) a rejoint une initiative lancée par l’école de journalisme où étudie le journaliste français Loup Bureau appelant le vice-premier ministre et le ministre des Affaires étrangères à aider à libérer le journaliste arrêté en Turquie.

Les confrères étudiants de Bureau à l’École de journalisme et de communication de Bruxelles (IHECS), ainsi que la FEJ,  l’Association belge des journalistes professionnels et d’autres établissements scolaires ont écrit aujourd’hui au gouvernement belge pour que ce dernier apporte son aide afin d’obtenir la libération de Loup Bureau.

Le journaliste français Loup Bureau a été écroué mercredi 2 août par la police turque après avoir été arrêté mercredi 26 juillet à la frontière entre la Turquie et l’Irak, dans la province de Sirnak. Il est soupçonné d’assistance à une organisation terroriste.

Agé de 27 ans, Loup Bureau collabore selon son profil Twitter avec les chaînes de télévision Arte et TV5 Monde, ainsi que le média en ligne Slate. Selon l’AFP, les chefs d’accusation portent sur un reportage réalisé en 2013 sur les miliciens kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG) diffusé sur TV5 Monde. Selon l’agence de presse turque Anadolu, il était en possession de photographies et d’interviews avec des combattants kurdes des YPG au moment de son arrestation. Ankara considère les YPG comme une extension des séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui opère dans le sud-est de la Turquie.

Le quai d’Orsay confirme que le ministère suit « avec la plus grande attention la situation de notre compatriote détenu en Turquie ». Selon une source diplomatique, « l’ambassade de France à Ankara est en contact avec les autorités locales afin de pouvoir exercer au plus vite la protection consulaire ».

La FEJ et la FIJ se joignent aux syndicats français le SNJ – SNJ-CGT – CFDT-journalistes pour appeler à sa libération immédiate. Nous exigeons que le gouvernement français mette tout en œuvre pour ce faire. Les propos convenus ne suffisent plus. Nous tenons les autorités turques pour responsables du sort de Loup Bureau. Le cas a été soumis sur la plateforme du Conseil de l’Europe pour la protection des journalistes.

Les journalistes étrangers ne sont pas épargnés par la chasse aux médias actuellement en cours dans le pays. En mai dernier, le journaliste français Mathias Depardon avait été détenu dans un centre de rétention à Gaziantep avant d’être expulsé vers la France un mois plus tard. Deniz Yücel, le correspondant en Turquie du quotidien allemand Die Zeit est lui toujours derrière les barreaux depuis février. Le Français Olivier Bertrand avait également été expulsé de Turquie en novembre 2016 alors qu’il travaillait sur un reportage consacré à l’après coup d’Etat pour le média en ligne Les Jours.

Par ailleurs, deux autres journalistes turcs, Murat Güreş et Furkan Gökşen, ont été placés en détention provisoire mercredi 2 août dans la province de Gaziantep.

Crédit photo : capture d’écran Twitter