Catalogne: la FEJ et la FIJ appellent au respect des journalistes


Les Fédérations européenne et internationale des Journalistes (FEJ et FIJ) appellent toutes les parties en présence en Catalogne à respecter le travail des journalistes qui couvrent les suites du référendum d’autodétermination du 1er octobre.

L’appel de la FEJ et de la FIJ fait suite à une série d’attaques isolées répertoriées par le Syndicat des Journalistes de Catalogne (SPC), membre de la Fédération espagnole des Syndicats de Journalistes (FeSP), affiliée à la FIJ et à la FEJ.

Concrètement, plusieurs journalistes ont été la cible d’agressions, ces derniers jours. Les faits ont été dénoncés par la FEJ et la FIJ sur la Plateforme du Conseil de l’Europe pour la Protection du Journalisme.

Le 2 octobre, le photographe de presse Jordi Borràs a été agressé par un agent de la gendarmerie espagnole (Guardia Civil), qui a tenté de lui arracher des mains son appareil photo, alors qu’il couvrait une manifestation à Calella pour le site d’information « El Món ».

Le 3 octobre, la journaliste de la chaîne privée La Sexta Ana Cuesta Herráiz a également fait l’objet de menaces et d’insultes de la part de manifestants indépendantistes qui l’accusaient de « manipulation », alors qu’elle couvrait les événements, à Calella. La police catalane (Mossos d’Esquadra) a dû assurer sa sécurité face aux manifestants.

Le même jour, d’autres journalistes de La Sexta, notamment Guiomar Roglán et Antonio García Ferreras, ont dû être évacuée du parlement catalan par la Garde urbaine de Barcelone et la police catalane (Mossos d’Esquadra), alors que des manifestants indépendantistes rassemblés devant le Parlement les insultaient et les menaçaient. Certains ont même proféré des menaces de mort à l’encontre des journalistes.

Le 3 octobre, le journaliste Jesús Badenes, du quotidien catalan « Diari de Girona » a été hospitalisé après avoir été violemment frappé à la tête par un inconnu qui lui reprochait de l’avoir enregistré alors qu’il couvrait la grève générale en filmant un piquet de grève à Salt. Les grévistes ont déclaré que l’agresseur n’était pas un des leurs. La police catalane a ouvert une enquête.

« Ces faits isolés dénoncés par le SPC nous inquiètent », a déclaré le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger. « Nous demandons aux parties impliquées de respecter le travail de nos consoeurs et de nos confrères sur le terrain. Frapper les professionnels de l’information revient à porter des coups au droit des citoyens à être informés ».

« N’insultez pas les journalistes, ne les menacez pas et ne les agressez pas », insiste le secrétaire général de la FEJ, Ricardo Gutiérrez. « Ne les accusez pas sans fondement de manipuler l’information. Ils font leur travail dans des conditions difficiles, au service de l’intérêt public. Cela mérite le plus grand respect ».

Crédit photo: Pau Barrena / AFP.