France : la FEJ dénonce le contrôle de l’information par les forces de l’ordre en opération sur la ZAD


(Modifié le 14/04/18 avec ajout du démenti du ministère de l’Interieur) La Fédération européenne des journalistes (FEJ) se joint à ses affiliés français, le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes, pour dénoncer le port de brassards “presse” par les forces de l’ordre en opération, ainsi que la mise à l’écart des journalistes, sur le site de Notre-Dame-des-Landes depuis le 9 avril 2018.

Les syndicats de journalistes ont condamné l’atteinte à la liberté d’informer et déploré la volonté du gouvernement de contrôler l’information, après que des journalistes ont été empêchés d’approcher la zone et de filmer les heurts. Certains ont même été reconduits à l’écart de la zone d’expulsion, dans une “zone presse”, officiellement pour des raisons de sécurité. Seuls quelques reporters auraient réussi à s’introduire sur le lieu. Une dizaine de gendarmes équipés de caméra et de brassards “presse” auraient filmé les évacuations afin de mettre “à disposition des rédactions des photos et vidéos de l’opération libres de droits”, selon le ministère de l’Intérieur, qui a par ailleurs dementi le fait que des gendarmes portaient l’insigne “presse”.

La Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) a rappelé dans un communiqué que “seuls les journalistes professionnels sont habilités à porter de tels brassards se rapportant à la carte de presse, une carte d’identité française officielle des journalistes professionnels encore plus nécessaire dans une période de sécurité renforcée avec le plan vigipirate.”

Depuis lundi, les forces de l’ordre évacuent les derniers occupants de la “Zone à défendre” (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, sur le site du projet d’aéroport abandonné par le gouvernement début 2018. Les opposants au projet s’étaient installés depuis plusieurs années, occupant des habitations délaissées afin de créer, entre autre, des projets agricoles.

Crédit photo : Fred Tanneau / AFP