Fédération européenne des journalistes

Etude: détériorer les conditions de travail des journalistes réduit la liberté de la presse


Les journalistes affiliés à impressum, membre suisse de la FEJ, ont participé à une étude de l’Université de Fribourg. Ses résultats démontrent que des conditions de travail détériorées mettent en danger la liberté de la presse.

L’étude publiée par l’OFCOM de l‘Université de Fribourg atteste que la pression sur les conditions de travail limite de manière importante la liberté de la presse. Un millier de journalistes affiliés à impressum ont participé à l’enquête. Les résultats indiquent que d’autres intérêts économique mettent en danger la liberté rédactionnelle, comme les pressions des annonceurs ou l’entreprise elle-même.

Les conclusions de l’étude sont claires: « On s’est beaucoup battus pour que la liberté de la presse à l’égard de l’Etat soit garantie. La liberté de la presse est un bien important, mais il apparaît que la dépendance à l’égard d’intérêts commerciaux représente un danger pour l’avenir du journalisme ». Les auteurs de l’étude estiment qu’une aide à la presse fournie par une institution indépendante de l’Etat encouragerait l’indépendance des médias.

Le directeur d‘impressum, Urs Thalmann, également membre du Comité de direction de la FEJ, confirme les constats de l’étude universitaire: « La pression sur les journalistes, en termes de productivité, fait en sorte qu’ils ont de moins en moins de temps pour rédiger de plus en plus d’articles. Les mesures de restructuration fréquentes dans les rédactions mènent à une plus grande insécurité, qui accroît la pression sur les journalistes. Les conditions de travail se détériorent. Cette tendance s’explique aussi par l’absence de conventions collectives dans la presse, en Suisse alémanique et au Tessin. Nous saluons le fait qu’une étude scientifique vienne démontrer le rapport entre les conditions de travail et la qualité du travail journalistique ».

La secrétaire centrale d’impressum, Dominique Diserens, ajoute qu’en Suisse romande, « la pression économique est énorme, vu le désinvestissement dans les médias privés. Mais la Convention collective de travail en Suisse Romande reste garante de conditions de travail décentes. Tant les entreprises que les journalistes et finalement les lecteurs en tirent profit ».

Concernant l’aide à la presse, Urs Thalmann insiste: « A priori, des financements par l’Etat ne limitent pas plus la liberté de presse que les annonceurs. L’étude le montre clairement. L’indépendance est mieux garantie lorsque le financement repose sur plusieurs sources. Une aide à la presse par une institution indépendante de l’Etat rendrait les médias plus indépendants des annonceurs ».

L’étude (en allemand) peut être téléchargée ici.