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“Pour la première fois dans ma vie, j’ai vu des collègues – photographes et journalistes – pleurer à cause de la situation”. Le photographe de presse macédonien Georgi Licovski, membre de l’Association des Journaliste de Macédoine (AJM-ZNM), organisation affiliée à la FEJ, a raconté au magazine TIME à quel point il avait été remué après avoir passé la journée du vendredi 21 août à prendre des photos, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine. Il a ajouté que c’était la première fois qu’il lui arrivait, lui aussi, de fondre en pleurs alors qu’il effectuait son travail.

Ce jour-là, au lendemain de la décision de la Macédoine de fermer ses postes-frontières, des centaines de réfugiés tentaient de franchir la frontière, face à un cordon policier.

Georgi Licovski a expliqué au magazine TIME qu’il y avait là beaucoup de nouveaux-nés, d’enfants et de mères, et que de nombreuses familles ont été séparées dans la foule qui se pressait. “C’était vraiment terrible, vraiment terrible”.

Nous avons contacté Georgi Licovski aujourd’hui. Il nous a dit qu’il souhaitait ajouter quelques mots, “maintenant que je suis un peu plus au calme… Il est tout à fait vrai que deux de mes confrères photographes, un journaliste et moi-même avons fondu en pleurs face à cette terrible situation… En tant que professionnel, je dois dire que les policiers ne faisaient que leur travail, tentant d’empêcher le franchissement de la frontière. Les réfugiés étaient désapointés, après un long voyage et 24 heures d’attente pour être autorisés à pénétrer sur le territoire macédonien. Ils ont tenté de briser le cordon de policiers et la police a tenté de les en empêcher. Dans ce chaos, nombre de réfugiés se sont retrouvés de ce côté-ci du cordon, séparés des autres membres de leur famille. Les enfants en pleurs étaient pressés par les réfugiés qui repoussaient le cordon de police. C’est le visage terrifié de ces enfants qui a provoqué notre émotion. J’espère que ces images aideront les hommes politiques européens à prendre conscience de cette situation dure et compliquée. Aucun enfant dans le monde ne devrait subir pareil traumatisme”.

(Crédit photo: Georgi Licovski/EPA; la FEJ remercie Georgi Licovski de l’avoir autorisée à diffuser gracieusement sa photo)