France : le gouvernement limite la protection du secret des sources


La Fédération européenne des journalistes (FEJ) se joint à ses affiliés français, le Syndicat national des journalistes (SNJ), le Syndicat national des journalistes-CGT (SNJ-CGT) et la CFDT-Journalistes, pour dénoncer l’atteinte portée à la protection du secret des sources après l’adoption par l’Assemblée nationale, lundi 18 juillet, d’un amendement de dernière minute, faisant suite à l’attentat de Nice.

Déposé quelques heures avant le vote à l’occasion de la nouvelle lecture de la proposition de loi visant à renforcer la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias, l’amendement prévoit de limiter la protection des sources des journalistes lorsque celles-ci portent atteinte au “secret de la défense nationale” et “aux intérêts fondamentaux de la Nation”. Une extension jugée “indispensable” dans le texte, en raison du “contexte actuel”.

En revanche, deux autres amendements allant dans le même sens ont été rejetés, dont l’un prévoyait de supprimer le “caractère exceptionnel” du recours aux investigations portant sur les sources.

“Le Syndicat National des Journalistes, première organisation de la profession, tient à alerter tous les défenseurs des libertés démocratiques contre ce coup grave porté au droit de toutes et tous à informer et à être informé. Le SNJ déplore que ce gouvernement ne recule devant rien pour tenter de museler une profession qui a le tort extrême, à ses yeux, de vouloir accomplir sa mission d’informer”, peut-on lire dans un communiqué.

“Une fois encore, ajoute le SNJ-CGT, François Hollande ne respecte pas ses engagements, puisqu’une telle loi de protection des sources figurait dans son programme de 2012 (51e proposition). Au contraire le gouvernement fait de l’encadrement de l’information la condition nécessaire à la poursuite de sa politique antisociale, autoritaire et de régression des libertés, en premier lieu la liberté syndicale”.

“Le gouvernement, en réduisant la portée de la loi envisagée par l’ancienne Garde des sceaux, puis celle du texte proposé cet hiver, reste au milieu du gué, réagit la CFDT-Journalistes. Et si des garanties sont apportées, la condition essentielle du travail des médias, pouvoir garantir la protection à leurs sources, reste fragilisée”.

La proposition de loi avait été déposée par les députés socialistes Patrick Bloche et Bruno Le Roux en février dernier. Après un désaccord en commission mixte paritaire au mois de juin, le texte est repassé devant l’Assemblée nationale lundi 18 juillet pour une nouvelle discussion en séance. Le texte devra de nouveau être soumis au Sénat en septembre. Le SNJ et le SNJ-CGT demandent aux sénateurs de ne pas voter ce texte, au nom de la liberté de la presse. Une alerte a été soumise sur la plateforme du Conseil de l’Europe pour la protection des journalistes.

Credit photo: AFP