Fédération européenne des journalistes

France: le nouveau schéma français du maintien de l’ordre viole la liberté de la presse

Crédit photo: Zakaria Abdelkafi / AFP.

Gérald Darmanin, ministre français de l’Intérieur a présenté, le 17 septembre 2020, le nouveau schéma du maintien de l’ordre destiné aux policiers et aux gendarmes. La Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) se joint à ses affiliés, le SNJ et le SNJ-CGT, pour dénoncer le caractère liberticide des nouvelles règles.

Le document reconnaît la nécessité d’une « meilleure prise en compte de la présence des journalistes au sein des opérations de maintien de l’ordre, fondée notamment sur une meilleure connaissance mutuelle ». Loin d’appliquer cette intention louable, les nouvelles règles édictées par le gouvernement français violent en fait les principes de liberté de la presse, comme l’ont dénoncé les syndicats français de journalistes, mais aussi les sociétés de journalistes de plus de 40 médias (AFP, Arrêt sur images, Arte, BFMTV, Challenges, Courrier international, Les Echos, Europe 1, L’Express, Le Figaro, France Culture, France Info, Franceinfo.fr, Franceinfo TV, France Inter, France 2, France 3 National, LCP, L’Humanité, Le JDD, Le Point, LCI, Libération, M6, Marianne, Mediapart, Midi libre, Le Média, Le Monde, L’Obs, Le Parisien-Aujourd’hui en France, Paris Match, Le Point, Premières Lignes, Public Sénat, RFI, RTL, Sud Ouest, Télérama, La Tribune, TV5Monde, La Vie, 20 Minutes).

Le document établit notamment une discrimination entre les journalistes « titulaires d’une carte de presse, et accrédités auprès des autorités », seuls autorisés à porter des équipements de protection, et les autres, privés de ce droit, alors même que l’exercice de la profession de journaliste, définie dans le code français du travail, ne nécessite pas la possession d’une carte de presse.

Le texte officiel affirme aussi que « le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations ». Ce rappel est interprété par les syndicats de journalistes et les sociétés de journalistes comme un feu vert accordé par le ministre de l’intérieur aux forces de l’ordre pour empêcher les journalistes de rendre compte pleinement des manifestations.

Le SNJ considère, dans un communiqué du 18 septembre,  que « Gérald Darmanin propose carrément aux journalistes couvrant les manifestations de se mettre au pas ». Au SNJ-CGT, on estime que le ministre méconnaît les règles fondamentales de la liberté de la presse en Europe, rappelant que la FEJ, ECPMF, le SNJ-CGT, le SNJ et le collectif Reporters en colère ont présenté à Paris, en janvier, un code de la liberté de le presse destiné aux policiers.

La FEJ et ses affiliés appellent le ministre français de l’intérieur à corriger ce « nouveau cadre d’exercice du maintien de l’ordre » pour le mettre en conformité avec les principes français et européens de la liberté d’informer.