France : une journaliste de Blast détenue 32 heures pour refus de divulguer des sources confidentielles
Le 18 juin 2024, une journaliste travaillant pour le média indépendant français Blast a été arrêtée par la police et placée en détention pour avoir refusé de livrer ses sources. Elle a été libérée après trente-deux heures de détention. La Fédération européenne des journalistes (FEJ) se joint à ses affiliés français, le SNJ, le SNJ-CGT et CFDT-Journalistes, pour dénoncer cette violation flagrante de la confidentialité des sources journalistiques et cette détention arbitraire.
Le 18 juin 2024, des manifestants se sont rassemblés devant le siège de la société Exxelia, au cœur d’une information judiciaire du tribunal de Paris pour complicité de crimes de guerre, suite à une plainte de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). La journaliste de Blast, qui enquête depuis des semaines sur les ventes d’armes françaises à Israël, a été arrêtée dans le 11e arrondissement de Paris après avoir couvert la manifestation. Le policier lui aurait fait comprendre que sa carte de presse ne l’autorisait pas à être présente lors des manifestations. “En raison du refus de notre journaliste de donner le code de déverrouillage de son téléphone – en clair de livrer à la police le fruit de son travail et, potentiellement, un accès à ses documents, ses fichiers et ses sources -, sa garde-à-vue a été prolongée.”, a dénoncé Blast.
“La journaliste de Blast était, le 19 juin en fin de matinée, toujours placée en garde à vue, elle aura donc passée plus de 24 heures sous un régime de privation de liberté, pour avoir fait son travail.”, a déclaré le SNJ. Le SNJ-CGT a également demandé sa libération immédiate. Le parquet de Paris a confirmé au média que la garde à vue avait été prolongée, indiquant qu’une enquête avait été ouverte pour participation à un groupement en vue de commettre des dégradations et dégradations volontaires en réunion. Blast a finalement annoncé la libération de la journaliste le 19 juin, avec un non-lieu, après deux jours et une nuit de garde à vue.
« La loi française et les normes juridiques européennes sur la protection des sources établissent clairement le droit des journalistes de ne pas révéler des informations confidentielles. Sa libération n’efface pas cette nouvelle atteinte à la liberté d’information. La détention arbitraire et les pressions exercées sur la journaliste pour qu’elle révèle ses sources au cours des deux derniers jours sont scandaleuses « , a déclaré le secrétaire général de la FEJ, Ricardo Gutiérrez.